Le bal des autocrates : Yaoundé accueille le sommet de la CEMAC

Ce 22 décembre 2016, les autocrates d’Afrique centrale débarqueront à Yaoundé, la ‘ville’ (?) dite aux sept collines, avec ses routes improbables, pleines de trous, ses montagnes d’immondices à la gloire d’un tyran qui n’a aucun souci de la santé des Camerounais-e-s et ne manque aucune occasion pour aller se soigner dans les meilleurs hôpitaux européens. Yaoundé est la capitale de la tyrannie sous-régionale. Ici, se conjuguent tous les vices du pouvoir qui inflige le désagrément et la mort.

Comment sont-ils arrivés et se sont-ils maintenus au pouvoir ? Soit par succession dynastique, soit par coup d’Etat, soit par tripatouillages électoraux et violations des lois constitutionnelles. Pendant que leurs voitures blindées rouleront à vive allure, encadrées par des motocyclistes aux sirènes bruyantes comme des avertissements, il y aura des gens en mauvaise santé qui, faute de trouver un taxi pour honorer un rendez-vous hospitalier, verront leur mal croître et mourront même probablement quelque temps après. Un étudiant arrivera en retard à un examen ou le ratera, etc.

Voici venus les barbares qui entrent dans la capitale, telle une ville assiégée. Voici venus les rois nègres chargés de sinistres présents qui ressemblent à des croix. Aujourd’hui à Yaoundé, les laissés-pour-compte, une fois de plus, et selon l’expression populaire ici, « confirmeront leur souffrance »

Les dynastes sont là, tremblez, leur bras fort est cette armée prétorienne, belligène à souhait, qui distribue coups et blessures contre le front du refus. Les autocrates sont de vulgaires personnes qui prennent leur courage des fusils. Ils persévèrent aux affaires grâce à la présence de bidasses conduisant des chars et qui sont prêts à tuer pour sauver leur sardine à huile et leur ‘condom’ [whisky en sachet].

Et quand le sang coule à Bamenda comme à Eseka, il ne faut pas regarder ailleurs que sur les collines de Yaoundé et interroger, à la manière de Soum Bill [musicien ivoirien] :

Quel est ce président qui fait couler mon sang ?

Ils sont toujours prêts à t’éliminer, si jamais tu leur dis « non » ! 

On dit petit à petit, on finit par devenir moins petit ; mais petit à petit, nous on est toujours resté petit ; petit dans l’esprit, petit dans nos actes ! […] 

Parce que vrai vrai, ça ne va pas, on va pas continuer dans ça, ooo ! la ménagère pleure, les fonctionnaires pleurent

Tout le monde gouverne en utilisant des mitraillettes ; de violence en violence en violence et la vie continue !

[L’on dirait] République des délinquants !

Réunissez-vous, mais la difficulté de circuler que vous imposez aux citoyens est à l’image de la difficulté à convaincre qui caractérise votre pouvoir basé sur cette jouissance et cette dépense au cœur de laquelle se trouve la froide épreuve de la mort des gens ordinaires.

Nkol-Oloun, depuis la Colline de la Colère.

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